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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 00:33

 

 

"Le grès en forêt de Fontainebleau : expressions et exploitation" 

 

 

Fontainebleau cassini


Avant propos :


Dans ce résumé, je n’aborderai que la partie historique et architecturale du sujet traité. Je ne décrirai que très partiellement tout ce qui concerne la géologie du grès, ainsi que la technique de débitage et l'outillage utilisé par les ouvriers. Mes connaissances étant assez limitées en ces domaines, je ne voudrais pas me borner à recopier -sans vraiment les comprendre- des textes très détaillés écrits sur ces sujets par des spécialistes et des érudits.

 

En ce qui concerne les abris "gravés" et non "ornés" (la peinture et le dessin sont quasi inexistants) situés dans le Bassin Parisien, il suffit de consulter les nombreuses publications faites par des chercheurs pour en avoir une idée précise. Voire -notamment- les  livres et articles publiés par Jacques Hinout, Alain Bénard, François Beaux et le GERSAR (Groupe d'Étude, de Recherche et de Sauvegarde de l’Art Rupestre), association créée en 1975.

 

Pour synthétiser en quelques lignes, l’on peut dire qu’il s’agit de gravures rupestres situées dans des cavités (ou géodes), et sous auvents (abris sous roches), des massifs gréseux "Stampiens" de la vallée de l'Essonne, de la Juine, de l'École et de l'Orge ; et de façon plus dispersée dans ceux de la vallée de Chevreuse ou du massif forestier de Rambouillet. Mais aussi -en nombre plus limité- dans les massifs gréseux "Auversiens" des départements de l’Aisne et de l'Oise (*).

 

Dans le massif forestier de Fontainebleau, l'on situe surtout des concentrations autour du massif des Trois Pignons, au Nord de Larchant et au Nord-Ouest de la ville de Fontainebleau.  Ces abris, dont la destination nous reste encore totalement inconnue de nos jours, possèdent sur leurs parois des pétroglyphes, obtenus par frottements d'usure faits à l'aide de morceaux de grès dur voire de silex ou quelquefois par tracés linéaires (d'un seul mouvement) ; et -plus rarement- par piquetages. Ces "gravages" étaient généralement appliqués sur une couche de grès tendre. Ils représentent le plus souvent des séries de signes schématiques abstraits et géométriques répétitifs et énigmatiques en formes de : cupules (rondes ou ovalaires), griffes, sillons simples, alignés ou en faisceaux Des cadrillages appelés aussi : treillis, grilles, tressages boucans, ou  diagonales. Des tectiformes : toits, huttes, tipis, paillotes... Des triangles, des scalariformes (ou scaliformes), des chevrons simples, doubles ou ramifiés, rouelles (simples ou complexes) et des motifs circulaires (solëiformes).


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   Panneau à sillons profonds

 

Panneau à sillons fins

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Chevrons                         Étoile                                  Sillons droits 

  

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  Damier                 Grille en diagonales              Scalariforme             Alignements de cupules


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  cercles (ou rouelles) avec motifs  

 

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                                         Ovaliforme                           Cupule vulviforme                         Cruciforme    

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    Anthropomorphe dit à "la jupette". Pour certains, il s'agirait là d'un Mésolithique ou d'un Néolithique, portant une jupette. Pour d'autres -comme Jacques Hinout- ce serait plus probablement un Mésolithique couché et recouvert d'une couverture tressée, regardant le toit de l'abri. À noter, la cupule au dessous de la main droite 

 

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  Cervidés.

Il a été constaté que le cervidé serait la seule espèce animale qui semble avoir été représentée à l'époque Mésolithique dans le Sud du Bassin Parisien 

                

Mais ils peuvent également dépeindre plus rarement des figurations plus élaborées de gravures semi figuratives : arboriformes, vulviformes (sexes de femmes), zoomorphes (cervidés, chevaux...) ou anthropomorphes, et pédiformes. Mais aussi des sagaies (ou javelots) harpons, haches, arcs, flèches, épées, couteaux... (**) Ainsi que des outils (***).

  

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 Gravure en épingle à cheveux. Peut-être une représentation féminine fantomatique ?

L'on peut trouver des représentations de femmes à l'allure "fantomique" dans plusieurs abris gravés de la Vallée de l'Essonne

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1 et 2 : Arboriformes  3 : Feuille en relief   4 : Tectiformes et grille ou boucan

 

 

Ces gravures rupestres pourraient, pour quelques unes d'entre elles, se situer à la fin du Paléolithique Supérieur (période Magdalénienne : entre -18 et -10000 ans avant JC), à l'instar d'une gravure à Noisy-sur-École ; qui pourrait dater autour de -12000 ans avant notre ère. Des restes de peintures se trouvant près de Larchant et en forêt domaniale de Fontainebleau, au Nord de Montigny-sur-Loing : ainsi qu’un cheval peint découvert dans la vallée de l’Essonne, près de Boutigny-sur-Essonne, pourraient se situer à la même période. Certains chercheurs pencheraient pour une datation encore plus ancienne, peut-être autour de 25000 ans. Les gravures les plus nombreuses se situeraient à l'époque du Mésolithique Sauveterrien (-9500 à -5500 ans avant JC), dans la région Sud du Bassin Parisien, qui aurait la plus forte concentration d'art rupestre de cette époque. On trouve aussi des exemples de gravures datées du Néolithique (entre -5500 à -1800 avant JC), mais aussi de la période Protohistorique (de -1800 à notre ère). Et apparemment, principalement à l'Âge du Bronze ici. Les derniers recensements parlent de 1200 abris gravés découverts à ce jour dans le Sud du Bassin Parisien. 

 

 

 

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Fine gravure faite d'un seul jet, représentant

       un cheval (Magdalénien)


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    Photographie de C. Oster d'un moulage (en inversé) du cheval Magdalénien, réalisé par M. Garcia, pour l'Atlas des grottes ornées, 1984, p. 308)  

                       

  peinture

"Grotte à la peinture" Traces d'une fresque, attribuée à la période du Magdalénien

La grotte à la peinture. Ce grand auvent sous roche situé près de Larchant, fut découvert et étudié partiellement en 1959.

 

En 1980, lors d'une nouvelle campagne de fouilles, les chercheurs découvrent, qu'à une période indéterminée, un gros bloc de grès s'est détaché de l'une des parois gravées  et gisait depuis, face gravée contre sol. Après son enlèvement, les archéologues prélevèrent du substrat végétal et organique à fins d'analyses au "carbone 14". On procéda aussi à la collecte des silex taillés et des éclats pour étude comparative. Ces analyses permirent de dater avec précision la chute du bloc au Mésolithique. Ce qui démontre -du moins pour la partie du rocher de grès tombé au sol- que ces gravures datent de cette époque.

 

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   Grotte du Croc-Marin : Restes de fresques datant de l'époque Magdalénienne

 

 

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       Grotte du Croc-Marin Releve des peintures en 1960,1975,1980. Coll. F. Beaux

 

Les gravures les plus nombreuses se situeraient à l'époque du Mésolithique Sauveterrien (-9500 à -5500 ans avant JC), dans la partie Sud du Bassin Parisien, qui aurait la plus forte concentration d'art rupestre de cette époque. On trouve aussi des exemples de gravures datées du Néolithique (entre -5500 à -1800 avant JC), mais également de la période Protohistorique (de -1800 à notre ère). Et apparemment, principalement à l'Âge du Bronze ici. Les derniers recensements parlent de 1200 abris gravés découverts à ce jour dans le Sud du Bassin Parisien.  


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1 : Couteau ou peigne (Néolithique)  2 : Déesse Mère. Représentation typique de la culture SOM (Seine Oise Marne), avec ici, la figuration des yeux, d'une ébauche de nez, de tatouages (?) horizontaux et un collier. On retrouve de telles représentations de la Déesse Mère notamment, devant les entrées (ou bouchons) des allées couvertes du Vexin

 

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  4: Faux (Néolithique) 4 : Épées  (Âge du Bronze) 5 : Guerrier (ou chevalier ?) "à la jupe" armé d'une lance (ou javelot) pouvant dater de l’Âge du Fer, du Haut Moyen Âge ou du Moyen Âge (?) (Clichés 2 et 5 : Th Szubert)


Les gravures (souvent très élaborées) représentant -notamment- les fameuses et énigmatiques triples enceintes (ou marelles, ou encore  mérelles), certaines croix simples, doubles (type de Lorraine), bouletées, avec socles (ou calvaires)…


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    Triples enceintes (ou marelles)


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  1 et 2 : Croix simples   3 à 5 : Croix  sur socles (ou calvaires), dont certaines sont bouletées       

 

Des triples huit, des symboles corporatifs (guildes), des représentations humaines et animales, des textes, des dates, des signatures, des graffiti divers... ont elles été réalisées à partir Haut Moyen Âge, puis à l'époque alphabétique, jusqu'à l'ère moderne.  


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Triple Huit                             Poisson                                     Serpentiforme                           Potence

 

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   Chat                            Tête                       Cheval                   Fleur de Lys                    Coq

   

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                          1 : Graffiti critique : "A bas la République de Gambetta"   2 : Signature gravée   3 : Signature de Frédéric Ede, le découvreur des abris gravés du Mont Aiveu en 1911


049 c1 LE 17 FEVRIER 1843 IL A PASSE UN LOUP ICI (4)2

1 : Graffiti écrit au crayon de carrier rouge et bleu : "Vive le Roi"  2 : Graffiti : "Le 17 février 1843 il a pacé un loup ici" (Cliché 2 : Th. Szubert)

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  1 : Signatures peintes   2 : Hermine   3 :  Panneau peint datant des années "70"   4 : Étoile

 

Les carrières de grès de Fontainebleau :

 

front de taille

 

Dans la forêt de Bière (bruyère), ancienne dénomination de l’actuelle forêt de Fontainebleau, se trouvent des bancs gréseux orientés plus ou moins Est/Ouest, formés à l'époque Stampienne. Ils sont constitués en amas rocheux (éboulés) en surface. On a commencé à ouvrir les premières carrières autour de l’an mille. Cette exploitation n’est attestée cependant pour la première fois qu’en 1184, par une Ordonnance Royale qui autorisait -sous certaines conditions- l’ouverture par adjudications, de carrières en certains lieux du massif, là où se trouvaient des bancs de grès. Cette Ordonnance précédait un Édit promulgué un an plus tard par le roi Philippe-Auguste, exigeant le pavage de toutes les rues de Paris.

 

Il faut dire qu’à cette époque, l’état des voies de communications de la capitale (au nombre d’environ 300) était des plus déplorables. Les chaussées n’étaient pas pavées, sauf pour quelques rares axes principaux ou sur certains carrefours. Le plus souvent, les rues étaient recouvertes d’une simple couche stabilisante, constituée d’un mélange de terre, d’argile, de sable et de caillasse, parfois complétées par des rigoles axiales en pierre. De plus, les intempéries et le "tout à la rue" provenant des maisons qui les bordaient, se déversant à même la chaussée, les inondaient, puis les transformaient en véritables bourbiers impraticables et nauséabonds. Sous le règne du roi Louis XIII, la moitié seulement des rues de Paris étaient pavées. Il fallut attendre le courant du XIXème siècle pour qu’elles soient -enfin- toutes pavées et doublées de conduits d’évacuations des eaux usées, par des égouts souterrains. 

 

 Anes

Convoi d’ânes, chargés de grands paniers en osier remplis de pavés quittant un front de taille situé sous une platière 

 

Le besoin de pavage, mais aussi la construction de bâtiments, de ponts, et l'amélioration des routes menant à la "bonne ville", f ut une aubaine pour les cités de la région du Gâtinais ; et permit de faire vivre des générations de carriers et leurs familles durant plusieurs siècles.

 

Le banc de grès qui passe dans le massif forestier de Fontainebleau, appelé "Stampien" (Tiré du nom de la ville d'Étampes) s’étend sur une bande orientée plus ou moins Est/Ouest de plus de 100 km, qui va du Sud de la ville de Nemours jusqu’en forêt de Rambouillet, en passant par la Vallée de Chevreuse. Les parties de ce banc de grès les plus exploitées -outre le massif forestier de Fontainebleau- furent celles des vallées de l’Essonne et de Chevreuse.


carriers XIXème siècle

  Ouvriers dans une carrière de Fontainebleau 

 

Dans la vallée de l'Essonne et le massif forestier de Fontainebleau, on trouve principalement du grès de type dit "blanc". Ce grès était divisé en trois qualités différentes. Elles correspondent au son que la roche émet lorsqu’elle est frappée :

 

1) Le grès dit "pif", "vif" ou "dur", le plus noble. Il servait principalement à la construction de bâtiments. On le trouve notamment dans le massif du Mont Ussy, dont les pierres servirent à construire le premier château de Fontainebleau, et certaines parties de l'édifice actuel, notamment : Le grand escalier, les linteaux des portes et des fenêtres ou le pavage des cours.

 

2) Le grès dit "paf", ou "franc", le plus courant ici. D’assez bonne qualité, il était utilisé pour les constructions et le pavage.

 

3) Le grès dit "pouf", "maigre" ou "mou". De très mauvaise qualité, car insuffisamment solidifié, il peut se retrouver très friable par endroits. Il n’était utilisé que pour l’édification de murs de délimitation, de bordures de trottoirs ou pour le pavage de voies secondaires.  

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                 1 : Masses et massettes   2 : Grain d'orge    3 : Massette à couper    4 :  Masse à buriner 


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   1 : Différentes tailles de pavés finis   2 à 4 : Coins, broches, chasses, ciseaux plats, démancheurs, gouis.... (collection R. Pinoy, carrier et fils de carrier)


Selon la légende, ce sont des bagnards qui travaillaient dans des carrières du massif forestier, qui donnèrent les trois appellations de qualité "pif" "paf" et "pouf" ? Il est un fait en tout cas, que des forçats ont bien œuvré sur des chantiers de taille de la pierre en forêt de Fontainebleau ; et notamment dans les environs de la plaine de Chanfroy et autour du Long Rocher...

 

Il existe également une quatrième qualité de grès -assez rare dans la région- appelée "royale" ici. Ce grès, qui a la propriété d'être à la fois tendre et ferme, est idéal pour la réalisation de sculptures.


 

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Mortaises (ou boites à coins)  

 

0651 0642 ROCHE AUX BARRES DE MINE3 coin Bleau

1 : Mortaise débitée en quatre blocs   2 : Traces laissées par les coins ayant servi à rompre la roche  3 et 4 : Barres à languettes (ou coins éclateurs)   (clichés 3 et 4 : Th. Szubert)


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  Chemin d'accès pavé au front de taille 

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Route solidement appareillée, destinée à supporter le poids des lourds charrois à destination des dépôts de pavés 

L’exploitation des carrières de Fontainebleau s’intensifia considérablement à partir des XVI et XVIIèmes siècles ; dans un premier temps uniquement autour de la ville d’Avon. Puis, devant la demande importante, elle s’étendit petit à petit dans l’ensemble du domaine, D'abord essentiellement dans les amas rocheux. Cette industrie du taillage du grès se développa considérablement à partir de la fin du XVIIIème siècle et au début du Premier Empire, en s'étendant au Sud de la ville de Fontainebleau (Haut Mont, Rocher Boulin...), et arriva à son apogée dans les années 1840. On comptait alors -selon les sources- entre 1000 et 2000 ouvriers permanents et saisonniers (journaliers, fermiers, bûcherons...) dans tout le massif. Les carrières étaient si nombreuses, que l’on ouvrit alors de nouvelles veines dites "ouvertes" situées sous l’humus du tapis forestier, au dessous des platières (1), mais aussi dans la plaine forestière. Les carriers extrayaient à cette époque entre trois et quatre millions de pavés par an (2), qui étaient ensuite déposés sur des tombereaux (3), et conduits en des points de stockage. Puis ils étaient chargés sur de lourds charrois et acheminés sur des routes pavées (dont certaines sont encore visibles), principalement à destination du port de Valvins à Fontainebleau et de celui du port dit des "Pavés de la Cave" à Bois-Le-Roi. De là, ils étaient transbordés sur des barges et des péniches et expédiés pour l’essentiel à Paris.


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 1 : Remblai de chemin d'exploitation d'un front de taille   2 : Détail


Dans les massifs des Etroitures, du Long Rocher et du Restant du Long Rocher se trouvaient de grandes exploitations, ouvertes dès les années 1820. Et, afin d’évacuer plus rapidement les quantités énormes de pavés débités, les entrepreneurs eurent l’idée de faire construire une petite ligne ferrée à voie étroite sur plan incliné, ouverte en 1837. Une fois taillés, les pavés étaient chargés dans des wagonnets stationnés en haut de l'amas rocheux en exploitation. Les wagonnets étaient ensuite descendus le long de la pente sur une distance de 900 m environ à l'aide de câbles actionnés par une machine à vapeur. Puis les pavés étaient transbordés sur des charrois jusqu'au canal du Loing. De là, ils étaient embarqués sur des bateaux à destination de la capitale. On trouve de nombreuses traces du remblai de cette voie ferrée, ainsi qu’un départ de pont maçonné le long de son ancien tracé dans la parcelle n° 546.


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1 : Finition d'un pavé au ciseau dans un baquet rempli de sable, afin d'amortir les chocs  2 : Division d'un gros bloc de grès  3 : Creusement d'un trou à l'aide d'une barre à mine frappée à la masse, afin d'y placer de l'explosif pour faire éclater la roche


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1 et 2 :  Vestiges du remblai et d'un pont enjambant une laie, de la voie ferrée à câbles du Long Rocher  3 :  Vue d'une voie ferrée à câbles sur plan incliné du même type, prise au début du XXème siècle près de Noisy-sur-École  

 

En 1848 la capitale décida, pour le recouvrement de sa voirie, de se fournir en pavés produits dans sa proche banlieue Sud, ainsi que dans les Ardennes françaises et belges ; ce qui eut pour résultat de diminuer fortement la production locale. Dans les années 1880, la rentabilité des carrières de grès encore existantes, s'effondra, et elles fermèrent les unes après les autres. Cette diminution considérable de la production de pavés de grès de Fontainebleau, en plus de la perte du marché du pavage pour la ville Paris, résultait de la forte concurrence du grès des Ardennes, réputé plus résistant, et du granit (ou granite) de Bretagne, qui possède l’énorme avantage sur le grès, de ne pas être glissant lorsqu’il est mouillé. Autre facteur concourant à sa mise à l’écart fut, à partir de 1850, l’utilisation de l’asphalte et des pavés de bois, pour le recouvrement des chaussées.


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Murs de déchets de pavés de grès

 

Les plaintes incessantes et les pétitions contre l’exploitation du grès déposées par les associations de protection des massifs rocheux et de sa forêt, des peintres de Barbizon, ainsi que des artistes et écrivains vivant en villégiature à Montigny-sur-Loing, finirent par décider les autorités locales à interdire par un arrêté publié en 1907, l’extraction du grès dans tous les massifs du domaine de l'ancien bornage Royal. La poursuite du commerce de la pierre  fut encore autorisée dans les parcelles privées situées autour des  Trois Pignons, du Coquibus  et de la plaine de Chanfroy. Mais un arrêté de 1982 interdit définitivement toute exploitation en ses nouvelles limites domaniales, rachetées par expropriation des propriétaires locaux, ou récupérées à l'Armée. La dernière carrière, située au Coquibus, ferma définitivement en 1983. Une carrière a cependant été ouverte en 1987 sur le territoire de la commune de Moigny-sur-Ecole.


CARRIERE D'AUVERS A NOISY SUR ECOLE 1et écales1 chariot2


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1 : Carrière de grès dans un amas rocheux  2 : Wagonnets tirés par des chevaux. Ce moyen de transport par wagonnets montés sur rails a été surtout utilisé à partir du début du XXème siècle dans la partie Ouest de la forêt encore autorisée à l'exploitation du grès  3 : Débitage d'un gros bloc  4 : remplissage d'un tombereau en pavés finis destinés à être conduits dans un dépôt de stockage

 

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  1 : Entreposage à ciel ouvert de pavés finis 2 : Dépôt  ferroviaire de stockage de blocs destinés à la construction, en gare de Souppes-sur-Loing


 

chariot hallage

Péniche tirée par des chevaux sur le canal du Loing, chargée en pavés à destination de la capitale

 

Suite : 2ème partie

Les carriers, les abris, l'architecture


 

 

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commentaires

Pascal 01/05/2019 15:31

bonjour,

J'aimerai rentrer en contacte avec FRANCOIS BEAUX si vous avez ses coordonnées au sujet des recherches sur les triples enceintes.

Cordialement,

Pascal